Les propositions

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Les propositions

Message par Admin le Jeu 27 Mar - 15:39

Accompagner la fin de vie plutôt qu’abréger la vie

lire les avancées de la loi Léonetti au regard des propositions du FRS

lire le texte de la loi Léonetti


21 février 2007, Le Figaro

Par Louis Puybasset, Claude Evin, Régis Aubry, Marie de Hennezel et Jean Leonetti, respectivement responsable de la neuroréanimation chirurgicale à la Pitié-Salpétrière ; député (PS) de Loire-Atlantique et ancien ministre ; ancien président de la Société française d'accompagnement et de soins palliatifs ; psychanalyste et essayiste, auteur de Nous ne nous sommes pas dit au revoir (Robert Laffont) ; député (UMP) des Alpes-Maritimes.

La campagne présidentielle est l'occasion pour certains de proposer que soit légalisée l'euthanasie. Une telle légalisation serait inutile et dangereuse.

Légaliser l'euthanasie serait inutile. La loi fin de vie et droit des malades du 22 avril 2005 [loi Léonetti] donne les clés de la résolution de la très grande majorité des difficultés rencontrées en fin de vie. Toute loi a pour vocation de poser des règles générales régissant la vie en société et non de résoudre des situations singulières, extrêmes et exceptionnelles. La loi française impartit aux médecins de respecter les choix de la personne malade et de l'informer des conséquences de ses décisions. Elle interdit toute forme d'acharnement thérapeutique et impose une prise en charge de la souffrance tant psychique que physique par l'administration de soins et de traitements appropriés, même au prix d'un raccourcissement de la durée de la vie.

Dans le cas où le malade serait devenu incapable d'exprimer sa volonté, elle prend en compte ses souhaits exprimés sous la forme de « directives anticipées » ou par la « personne de confiance » qu'il a désignée. En exigeant dans ce cas une décision collégiale, un deuxième avis médical et la transparence de la décision, communiquée aux proches et inscrite avec ses motifs dans le dossier du malade, la loi protège le malade et ses droits tout en évitant une culpabilisation des proches.

Il est incontestable que cette loi, qui place la France à l'avant-garde des pays occidentaux, est encore peu connue et mal comprise.

Les moyens d'une prise en charge solidaire de la fin de vie ne sont pas encore à la hauteur des problèmes rencontrés. Il est aussi vrai que la médecine moderne s'inscrit encore trop exclusivement dans une culture de l'acte médical qui s'apparente dans certains cas à un acharnement thérapeutique. On ne peut qu'entendre le reproche d'une médecine qui s'occupe, hélas parfois, plus des maladies que des malades, indifférente à leurs souffrances et à leur détresse comme à l'histoire de leur vie et à leurs souhaits profonds.

C'est à cette maltraitance, qui conduit aux demandes d'euthanasie, qu'il faut remédier. C'est cette culture qu'il faut changer. La loi adoptée à l'unanimité après dix-huit mois de maturation et dont les décrets d'application ont tout juste un an le permet.

Légaliser l'euthanasie serait dangereux. Un dispositif qui donnerait la force de la loi à l'un pour tuer l'autre, fût-ce à sa demande, contient en lui-même des dérives inéluctables.
L'examen de la situation des pays européens qui ont légalisé l'euthanasie met déjà largement en évidence des dérapages : mise à disposition de « kit euthanasie » en pharmacie ; euthanasie de patients dépressifs en Belgique et de schizophrènes en Suisse ; volonté d'élargir l'euthanasie aux patients « souffrant de la vie » aux Pays-Bas ; dérives mercantiles en Suisse.

Pourquoi la France éviterait-elle ce que ces pays ne sont pas parvenus à contrôler ?
Comment ne pas être d'accord avec Robert Badinter lorsqu'il affirmait devant la mission parlementaire qu'« une loi serait plus une source de contentieux et de difficultés qu'un apaisement » ?

La loi actuelle incite le citoyen à penser de nouvelles solidarités envers les plus vulnérables. Pourquoi vouloir la modifier avant qu'elle ne soit appliquée véritablement et que cette application ne soit évaluée ? Croire que l'euthanasie légalisée réglera la question de la souffrance et de la mort relève de l'illusion. Elle l'expédiera, c'est tout. Nous verrons apparaître d'autres souffrances, d'autant plus profondes qu'elles seront tues. Comment vivrons-nous dans un monde de chacun pour soi, un monde où la solidarité et la compassion se résumeront à donner la mort ?




L'actualité du débat sur l'euthanasie



Mise sur le devant de la scène médiatique par le drame de Vincent Humbert, la question de l’euthanasie a été débattue durant plusieurs mois au sein de la Mission d’information sur l’accompagnement de fin de vie de l’Assemblée Nationale, dont a fait partie Christine BOUTIN, Présidente du FRS lorsqu'elle était député. Les enjeux philosophiques, quant à la dignité de la personne, et économiques, quant au coût des soins palliatifs, méritent d’être clairement établis. Afin de remettre la dignité de la personne au coeur des préoccupations.

Développement des soins palliatifs

Le Docteur Wagner, cancérologue, Président de JALMALV Jusqu'A La Mort Accompagner La Vie (site internet) , plaide pour le développement des soins palliatifs :

1. Intégrer la formation au traitement de la douleur et aux soins palliatifs dans tous les cursus de formation du personnel médical.

2.Favoriser le développement des soins palliatifs en misant sur les associations compétentes et pourvues en professionnels et en bénévoles formés.

3. Associer l’entourage et l’environnement familial des patients aux soins palliatifs.

4. Inscrire dans la Constitution le handicap comme Cause universelle : afin que l’entourage et les familles des euthanasie.jpgpersonnes handicapées fortement dépendantes ne soient plus livrés à eux-mêmes et au désespoir.

5. Clarifier la terminologie et les positions éthiques, en abandonnant l’utilisation ambiguë du terme euthanasie" ("passive" ou "active") et en rattachant chaque terme à l’acte médical correspondant :

-"l’arrêt des soins", reconnu par la loi de 2002 sur les Droits des patients à refuser un traitement,
-"les soins palliatifs" reconnus par la loi de 1999,
-"l’assistance médicale au suicide" et "le crime", (notion d’intentionnalité de donner la mort), condamnés par la loi.

Téléchargez le dossier euthanasie





Propositions du FRS

1/ La promotion des soins palliatifs repose, non-seulement sur des principes philosophiques, mais aussi sur l’expérience de professionnels médicaux et de bénévoles formés et expérimentés, qui accompagnent quotidiennement des personnes en fin de vie.

2/ La médecine dispose des moyens pharmacologiqueset des méthodes psychologiques d’accompagnement pour soigner la douleur, soulager la souffrance, et favoriser une mort paisible.

3/ On estime aujourd’hui que 90% des souffrances physiques peuvent être contrôlées. De ce fait, les véritables demandes d’euthanasie proviennent plutôt des souffrances morales, liées au sentiment d’avoir perdu sa dignité, ou de se sentir abandonné.

4/ L’expérience montre que la demande d’euthanasie, de la part du patient ou de la famille, survient lorsqu’il y a un sentiment d’abandon de la société face aux besoins

humains et techniques dus aux situations de dépendance qui s’avèrent insurmontables pour l’entourage. L’accompagnement en soins palliatifs devrait être identique en situation de grand handicap, qui n’est pas une situation de fin de vie, mais de grande dépendance, qu’en cancérologie, où sont traitées des personnes atteintes de maladies évolutives incurables.

5/ Accéder à la demande de suicide d’une personne pose le problème de la non-assistance à personne en danger, alors même que les milieux médicaux d’accompagnement constatent des cycles ascendants et descendants du moral des personnes diminuées.

6/ Le principe philosophique consistant à accréditer l’idée qu’une personne puisse ne plus se sentir digne de vivre et puisse être aidée à se supprimer renvoie aux personnes malades, handicapées, âgées, diminuées physiquement et psychiquement une image de rejet de la société.

7/ Une société qui fait de la perfection des apparences, de l’état de santé, de la nécessité de se soustraire au regard des autres, ou de ne pas être une charge pour son entourage, un critère de suicide, est une société qui a perdu ses valeurs d’égalité devant la vie et la mort, de fraternité et de solidarité.

8/ L’acceptation de l’idée même de l’euthanasie et son inscription dans la loi ne feraient qu’aggraver la perte de confiance croissante entre les soignants, les malades et leur entourage.

9/ Le refus de l’euthanasie et la préconisation des soins palliatifs ne signifient pas l’acharnement thérapeutique. Pour preuve : la notion de " soins disproportionnés " est proscrite des pratiques de l’accompagnement des soins palliatifs.

10/ Des études ont montré qu’en service de réanimation, deux tiers des décès ont probablement lieu sur décision médicale, parce que la poursuite des soins est jugée disproportionnée. Dans ce cas, il ne s’agit pas d’euthanasie, mais d’arrêt de traitement devenu inutile, qui doit être assorti de soins palliatifs.

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